lundi 20 janvier 2014

Tout Eddy. Eddy Mitchell

Tout Eddy. Eddy Mitchell est un album biographique écrit par le journaliste Jean-Marc Thévenet, spécialiste de la BD et ancien rédacteur en chef du magazine Pilote, consacré au chanteur Eddy Mitchell et paru en 1994 aux éditions Albin Michel et Canal+ Éditions.

         


1- Présentation
« La bible du grand Schmoll », tel est le titre de présentation de cet album qui a l'ambition de répondre aux mille et une questions sur tous les aspects de sa carrière : le chanteur bien sûr mais aussi le comédien, l'homme de télé, le 'romancier' ou le réalisateur de clips.

Ce livre-album est divisé en cinq parties qui couvrent sa carrière depuis ses débuts avec Les Chaussettes noires jusqu'au milieu des années 1990, en passant par les événements marquants de chacune des décennies précédentes. Il est agrémenté de plus d'une centaine de photos qui vont d'Eddy bébé jusqu'à son grand tour de chant de 1994 où il se produit dans 3 salles, l'Olympia, le Casino de Paris, le Zénith, chantant alternativement un répertoire rock, un répertoire crooner et un répertoire Rhythm and blues et country music. Outre les photos, il comprend également des documents tirés de clips, des affiches, des séquences d'un roman-photos et de bandes dessinées.

Il est complété par une discographie avec albums live et compilations, les adaptations qu'a faites ou chantées Eddy (voir ci-dessous le chapitre Les adaptations d'Eddy), une filmographie et une bibliographie. 

2- Des 'fortifs' aux Five Rocks
Du boulevard d'Algérie où il vit avec sa famille aux cinémas du quartier, le jeune Claude Moine grandit comme un garçon de son âge, écolier pas tout à fait modèle. Mais bientôt, il commence à 'monter sur les planches' et s'installe dans son esprit l'idée de fonder un groupe, surtout depuis que sa mère lui a offert son premier 45 tours : Bill Haley et ses Comets qui chante Rock Around the Clock. La grande aventure va bientôt débuter avec le quartier de La Trinité, le Golf-Drouot juste à côté et la rencontre avec un autre gars du quartier, un certain Johnny. 

3- Des Chaussettes Noires à Eddy in London : 1961-1964
Les années soixante, c'est d'abord les Five rocks qui se transforment en marque de chaussettes (un fameux investissement pour la marque Stem), les 'galas-galère' 1 des tout débuts, et puis le succès qui vient très vite, foudroyant dans cette France qui musicalement en est toujours aux chansons sirupeuses des Tino Rossi et consorts. C'est un succès vertigineux avec un million de disques vendus, des 'unes' de couverture des magazines pour jeunes qui fleurissent dans la presse, qui engendre aussi des tournées qui s'enchaînent avec Jean Nohain comme animateur ou un spectacle où ils cohabitent avec Omer un canard ventriloque.

Tout ça en quelques mois, c'est assez surréaliste. Mais il y a le service militaire qui se profile, l'armée, l'uniforme (à l'époque certains contingents ont fait 28 mois de service militaire dont une partie en Algérie) et dans ces conditions, une séparation inévitable qui laissera quelque amertume à certains. Eddy Mitchell en solo sortira très vite son premier album Eddy in London accompagné du London all stars truffés d'adaptations des grands succès américains comme Blue Jean Bop, Kansas City, Comment vas-tu mentir ?, Belle Honey (Money Honey), Jolie Miss Molly, Sentimentale (Baby I don't care), L'oncle John (Long Tall Sally), Peggy Sue ou Tu n'as rien de tout ça (You're the devil in disguise). 

4- Les multiples talents d'Eddy : 1965-1980
Il bâtit sa carrière, "doucement mais sûrement" pourrait-on dire pour reprendre le titre d'une adaptation d'une chanson d'Elvis, refusant les modes du 'yé-yé' ou autre courant sucré pour être non seulement le rocker qu'il fut toujours2 mais également un chanteur de country, cette musique qu'il découvrira lors de ses voyages aux États-Unis, quelque part entre Memphis et Nashville et un crooner réalisant un rêve d'enfance de devenir le Sinatra français. L'album suivant Panorama est de la même veine (Repose Beethoven, Pas de chance) puis c'est Toute la ville en parle... Eddy est formidable avec Fauché, J'ai tout perdu et surtout le titre phare Toujours un coin qui me rappelle et à Londres, va rencontrer Mort Shuman.

Il trouve que la variété française s'enlise, ronronne avec des interprètes comme Sheila. Sur son album Perspective 66, il lance ce cri Et s'il n'en reste qu'un... je serai celui-là et poursuit ses adaptations de ceux qu'il aime (Satisfaction , Rien qu'un seul mot ou You've got to hide your love away, Tu ferais mieux de l'oublier)3. À partir de 1966, il subit l'influence du Rhythm and blues, participe à un roman-photos Eddy mène l'enquête4 chante avec Gainsbourg dans un télé-film Anna. Mais l'essentiel est sa première collaboration avec son pianiste d'alors Pierre Papadiamandis et ce titre qu'il reprendra pour leur vingtième anniversaire J'ai oublié de l'oublier. Désormais il enregistre aux États-Unis avec l'album De Londres à Memphis5.

Pendant mai 68, il poursuit son travail, refusant de pactiser avec ceux qu'il appelle le club des riches. Eddy refuse aussi la mode 'rétro' qui sévit au début des années 1970. Le public s'éloigne, il se cherche6 et s'intéresse à la radio7. Enfin en 1974, ce sera un 'retour aux sources' avec l'album Rocking in Nashville centré sur des adaptations de Chuck Berry comme À crédit et en stéréo (No particuliar place to go), Bye, bye, Johnny B.Goode et C'est un rocker. Le succès est là, conforté par les deux albums suivants dont les titres sont à eux seuls évocateurs : Sur la route de Memphis et La Dernière Séance. 

5- La maturité : les années 1980
La quarantaine n'est pas loin et pour lui, c'est le temps de la maturité. C'est le temps de la rencontre avec Coluche, le retour au cinéma avec un rôle superbe et couronné dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier, la présentation de l'émission La Dernière Séance et pour couronner le tout, quelques disques d'or d'Eddy chanteur. Certainement, cette époque lui convient mieux : retour au cinéma d'auteur, le café-théâtre, des émissions de télé plus intéressantes, il s'y retrouve parfaitement dans cette ambiance de créateurs décontractés.

Côté sentimental, silence sur toute la ligne, il n'a jamais étalé sa vie privée sur la place publique. Mais là, c'est important : le 24 mai 1980, mariage avec Muriel à la mairie de Saint-Tropez avec Johnny pour témoin suivi de la naissance de Paméla le 18 janvier 1982. Et ce sera l'album Happy Birthday avec un titre phare, peut-être son plus gros succès : Couleur menthe à l'eau 8 pour lequel il recevra le diamant de l'interprétation. Autre date marquante : le lendemain de la naissance de Paméla, c'est une autre naissance qu'il fête, celle de la première diffusion de La dernière séance. Alternant avec bonheur le cinéma, Une femme peut en cacher une autre de Georges Lautner, Ronde de nuit de Jean-Claude Missiaen ou Frankensteil 90 d'Alain Jessua avec la chanson et les tournées, les albums Le Cimetière des éléphants et la tournée On The Rocks. (mai-juin 1982)

Ensuite, ce ne sera pas moins de quatre albums qui vont se succéder jusqu'à l'aube des années 1990, des albums marqués par la collaboration étroite entre Eddy et Pierre Papadiamandis rejoints parfois par Boris Bergman et Michel Gaucher et la diminution notable voire la disparition des adaptations :

  1. 1984 : Fan Album et Racines avec des titres comme Comme quand j'étais môme, Nashville ou Belleville;
  2. 1986 : Eddy Paris Mitchell avec Manque de toi ou Vieille canaille en duo avec Serge Gainsbourg;
  3. 1987 : Mitchell avec La peau d'une autre, M'man, J'ai le bonjour du blues;
  4. 1989 : Ici Londres Lèche-bottes blues, Under the rainbow, Le baby blues.
Il tourne avec des réalisateurs jugés 'difficiles', écrit un livre sur les recettes de cocktails Cocktail Story dont les droits sont reversés aux Restos du Cœur, participe au disque Pour toi Arménie et le 13 février 1986, Eddy est nommé chevalier des Arts et Lettres par le ministre Jack Lang. Sachant qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, il passe à la réalisation de clips avec La peau d'une autre, M'man, Lèche-bottes blues à Paris et Londres, Baby blues à El Paso car « il ne s'agit pas de faire de l'image pour de l'image » fait-il remarquer. L'univers d'Eddy, c'est la chanson, la bande dessinée, le polar et bien sûr le cinéma. Si beaucoup de projets ne virent pas le jour (un film avec Robert Mitchum, un film sur Pancho Villa sur un scénario d'Eddy...) c'est avec son ami Gérard Jourd'hui qu'il va vivre les aventures de La Dernière séance et créer la société EM Productions. 

6- Une époque à venir : les années 1990 9
Le secret de sa longévité : « N'avoir jamais cédé aux modes. » Dans une interview au journal Libération, il rétorque ironiquement qu'il ne lui est jamais venu à l'idée d'aller « tricoter des moutons en Ardèche. » Et l'ami Gérard Jourd'hui d'ajouter : « Comme il dépeint la société, sa propre vie, il ne flatte jamais le public. C'est pourquoi il a un potentiel. Eddy a toujours été Eddy. » Après une nouvelle tournée, naîtra une grande compilation de ses « œuvres », un mot qu'il n'aimait pas beaucoup.
Fin 1990, direction l'Arabie saoudite où il doit chanter pour les soldats français expédiés dans la guerre du Golfe, des gars qui se sont engagés parce qu'ils n'avaient rien trouvé d'autre, dit-il dans une interview. Expérience ratée, là-bas pas de rocker en jean et pas de Rock 'n' roll. Il se rattrapera ensuite avec un concert à Fréjus. Il retrouve Jean-Pierre Mocky pour le film Villa à vendre puis Claude Zidi pour La Totale ! et, grande consécration, reçoit une Victoire de la musique en 1992. L'année suivante, c'est la sortie de l'album Rio Grande, disque d'or en 1994, avec le titre éponyme, 18 ans demain ou Te perdre.
Pour couronner cette période, il se lance un super défi : crooner au Casino de Paris, rock et country à l'Olympia, ses grands succès au Zénith et pour finir en beauté, une grande rétrospective à Bercy. 

7- Voir aussi mes autres fiches sur Eddy Mitchell

8- Bibliographie
  • Philippe Corcuff, Le cimetière des éléphants – La philosophie sauvage d’Eddy Mitchell, Cités – Philosophie Politique Histoire (Presses Universitaires de France), no 19, 2004
  • Alain Dugrand, M'sieur Eddy et moi, Paris, éditions Fayard, 2004, 208 pages, 22 cm (ISBN 2-2136-1889-5)
  • Daniel Lesueur "L'Argus Eddy Mitchell Discographie et Cotations" Alternatives 2004
  • Daniel Lesueur "Argus Eddy Mitchell & Chaussettes Noires" Camion Blanc 2011
  • Risque-Tout
  • Discographie
9- Notes et références
  1. ↑ Titre de sa première autobiographie en 1979
  2. ↑ Il adaptera bien sûr la chanson de Chuck Berry qu'il intitulera C'est un rocker
  3. ↑ Il recevra les félicitations d'Elvis Presley pour son adaptation de Devil in disguise
  4. ↑ Roman-photos paru dans télé-poche en 1969 dans lequel Eddy joue son propre rôle
  5. ↑ vec le titre phare Alice et des succès comme Bye bye prêcheur, Chacun pour soi ou Le début de la fin
  6. ↑ Les collaborations avec Michel Polnareff (album Rock'n roll) ou le groupe 'underground' Magma (album Zigzag) seront loin d'être concluantes)
  7. ↑ France-inter et Europe no 1 avec Hubert
  8. ↑ Si l'on prend comme critère le nombre de disques vendus
  9. ↑ Le titre Une époque à venir laisse le champ ouvert, cet ouvrage allant jusqu'à l'année 1994, date de sa parution (NDLR)
10- Complément : Les adaptations d'Eddy

Titre original :
Titre adaptation :
  • Be Bop a Lula
  • Tu parles trop
  • Tant pis pour toi
  • Eddie soit bon
  • Fou d'elle
  • Petite Sheila
  • Petite sœur d'amour
  • Mais reviens-moi
  • Je ne pense qu'à l'amour
  • En revenant
  • Plaisir d'amour
  • Sentimental
  • C'est le soir
  • Repose Beethoven
  • Donne-moi une idée
  • J'ai tout perdu
  • Rendez-vous
  • J'avais deux amis
  • J'ai tout mon temps
  • Tu ferais mieux de l'oublier
  • Rien qu'un seul mot
  • J'avoue
  • Le fou sur la colline
  • Loin de vous
  • Miss Caroline
  • J'aurai sa fille
  • Big boss man
  • J'aime le Rock'n roll
  • Bobby mc Gee
  • Chaque matin, il se lève
  • Superstition
  • Bye, bye, Johnny B good
  • À crédit et en stéréo
  • Fume, fume cette cigarette
  • C'est un rocker
  • C'est la vie mon chéri
  • Ruby reviens au pays
  • Je ne sais faire que l'amour
  • Le maître du monde
  • Sur la route de Memphis
  • La Marie-Jeanne
  • Pas de boogie-woogie
  • Et la voix d'Elvis
  • La colline de Blueberry
  • La fille du nord
  • Français made in USA
  • Après minuit
  • Tu peux préparer le café noir
  • Faut pas avoir le blues
  • Noël blanc
  • Lucille
  • Ciné, rock et bande dessinée
  • Pourquoi tu m'laisses pas tranquille Lucille ?
  • Comment t'es devenu riche ?
  • Vieille canaille
  • J'ai le bonjour du blues


<< • • °°  • Tout Eddy. EM • °° © CJB  °° • • 07/11/2010 - v 01/2014  >>

dimanche 19 janvier 2014

M'sieur Eddy et moi

 M'sieur Eddy et moi est un récit biographique écrit par l'écrivain Alain Dugrand et paru en 2005 aux éditions Arthème Fayard.


1- Présentation
En bon connaisseur d'Eddy Mitchell, grand lecteur de Série Noire, Alain Dugrand commence par cette citation de Raymond Chandler : « Il y a des types qui viennent me dire que j'ai une conscience sociale. Marlowe en a autant qu'un cheval, de conscience sociale. Il a une conscience personnelle, ce qui est tout différent. »
Ce sont des contemporains, à quelques années près 1. En tout cas, ils ont été nourris à la même culture populaire américaine, outre les romans policiers genre Série Noire et la bande dessinée, Hollywood et le cinéma américain, ceux qu'ils considèrent comme les grands films d'alors Rio Bravo, Le vent de la plaine et Le trésor du pendu et qu'Eddy Mitchell fera revivre à la télévision dans son émission La dernière séance.
Ce qui lui plaît chez Schmoll déjà à l'époque des Chaussettes noires, c'est la musique bien sûr aux premières lueurs du rock français, et c'est aussi le style. Au bistrot, il écoute « Be Bop a Lula, musique de Gene Vincent, paroles de Claude Moine » alias Eddy Mitchell. Depuis, c'est toujours la grande passion, dont Alain Dugrand nous entretient dans son livre, égrenant ses souvenirs dans une double évocation, intime et biographique, à la recherche de ce style si personnel qui fait sa spécificité.

2- Au temps des Chaussettes Noires

Concert à Crest dans la Drôme le 7 août 2004 avec un costume parme 'inmettable'. Eddy Mitchell, 'personnage singulier', dit l'auteur, a l'habitude de tenir son public en lisière, « à distance nécessaire. L'attitude des artistes majeurs. » Son répertoire, son tour de chant va du rock, de la soul, au blues et au slow langoureux, au crooner. Ses textes qu'il pond lentement, taillés au couteau, laissent transparaître son style2.

En arrière-plan, se profilent la guerre d'Algérie et ces familles endeuillées qui ferment les volets et se referment sur leur douleur3. Les ados regardent plutôt vers Lemmy Caution, l'agent du FBI interprété par Eddie Constantine dont il empruntera le prénom. Trois copains, William, Toni et Aldo avaient dans l'idée de former un groupe. L'un d'eux leur dit : « Un gars m'a parlé d'un batteur et d'un chanteur. Ils recherchent des guitaristes pour monter un orchestre de rock. Il dit que le chanteur est très bon... » Une discussion lourde de sens d'où allait émaner Les Chaussettes noires4. S'ils aiment la bande dessinée, ils raffolent de Blake et Mortimer d'Edgar P. Jacobs 5. C'est en 1949 qu'Eddy Mitchell découvre le cinéma lors d'un voyage en Belgique, un film de King Vidor 'Le grand passage 6. Son père Robert Moine prendra l'habitude de l'emmener dans les cinéma du quartier, au Cocorico par exemple7.

20 décembre 1960, long et difficile enregistrement de Be-Bop-A-Lula8 mais le succès est au rendez-vous et les tournées vont très vite s'enchaîner. En 1961, partout où passent Les Chaussettes Noires « les salles sont ravagées, les fauteuils arrachés, » tandis que « le grand rocker » épouse sagement Françoise et se fait construire une maison sur le terrain des beaux-parents à Noisy-le-Sec. Les premières chansons, outre les adaptations des rockers américains, sont dues aux musiques de Georges Garvarentz avec le plus souvent des textes d'Eddy Mitchell9. Mais arrive très vite le temps du service militaire et d'un business effréné sur ces 'nouvelles valeurs' de la chanson française. Il faut s'adapter au goût supposé du consommateur, chanter La Bamba rock ou Madame, madame10. Tandis que la jeunesse est scotchée devant sa radio pour écouter Salut les copains, Eddy Mitchell part à son tour faire le soldat. C'est le signal de la fin pour Les Chaussettes Noires.
De toute façon, le rêve d'Eddy, c'est de devenir le Sinatra français11 !

       
Franck Sinatra le crooner                         Un groupe de rock 

3- Rocker et crooner
Au retour de l'armée, c'est le creux de la vague. Les gens de chez Barclay l'avaient prévenu : « Le retour sera difficile. Ne croyez pas que vous serez attendu. Dix huit mois, c'est long 12! » Mais Eddy, qui sait ce qu'il veut, dira que « la chanson il faut la faire sérieusement, même si on la prend pas au sérieux13. » En prenant son temps, il va peaufiner son style, revenir aux fondamentaux du rock et sortir 3 albums consécutifs :
- 1963 : Eddy in London avec de remarquables adaptations14 ;
- 1964 : d'autres reprises qui 'marchent' bien et surtout l'un de ses plus grands succès Toujours un coin qui me rappelle, d'après Chuck Berry 15
- 1965 : Du rock 'n' roll au rhythm 'n' blues dans un style plus crooner avec encore quelques adaptations 16. À cette occasion, il s'entoure de musiciens confirmés, une solide équipe où l'on trouve deux hommes qui resteront à ses côtés : le second saxo Michel Gaucher et celui qui deviendra son compositeur attitré Pierre Papadiamandis.
  Eddy avec Claude François

Tantôt crooner, tantôt rocker, il refuse l'époque 'yé-yé' 17 et se veut à l'écart des modes, traçant une route à sa mesure. « Son indépendance scrupuleuse dévoile un professionnalisme hors pair, mais nonchalant, un rien railleur, un personnage dépourvu d'orgueil » le dépeint Alain Dugrand. Au cours des années 1960, il se démarque, se tient à l'écart du pouvoir et de ses courtisans, « outlaw, l'air de se foutre de la compagnie 18. » En 1966, son pianiste Pierre Papadiamandis lui présentez une chanson J'ai oublié de l'oublier qui sera suivie de beaucoup d'autres dont de nombreux succès. Une longue collaboration débute ainsi, si longue qu'elle dure encore presque un demi-siècle plus tard 19. Pour bien marquer sa place et clamer qu'il est au-delà des modes, dans ce style caustique qui contribuer à le situer à part, il interprète S'il n'en reste qu'un, celui qui sera celui-là, reprenant à son compte la célèbre formule de Victor Hugo.
« Franc-tireur » comme il dit dans sa chanson, il se cherche un avenir dans cette voie étroite qu'il a choisie et le début des années 1970 sont difficiles. « Années soixante-dix, années diluées » conclut Alain Dugrand.Eddy Mitchell est ulcéré par cette mode rétro qui envahit la chanson et a envie de raccrocher 20.

1974 : voyage aux États-Unis, dans le Tennessee, entre Memphis et Nashville. Il veut voir Charly mac Coy, baigne dans une ambiance musicale qui l'enchante : la country music, plutôt contestataire dans cette époque de guerre du Vietnam 21. Il en reviendra avec un album Rocking in Nashville qui va cartonner, un disque rock qui deviendra vite un disque d'or, avec en particulier 2 titres adaptés de Chuck Berry : À crédit et en stéréo et C'est un rocker, un credo au rock et aux chanteurs de rock qui renforce son image de rocher décalé. Mais il n'est pas que ça et Alain Dugrand se souvient qu'il chante avec « la voix grave et onctueuse du parfait crooner. » 
   Le cinéma de La dernière séance 

4- Monsieur Eddy
C'est un homme qui ne transige pas : pour lui, pas question de chanter à New-York dans des concerts 'arrangés' comme beaucoup, pas question de renier sa chanson Pas de boogie-woogie parce que RMC l'a interdite d'antenne. Malgré tout ça, pourrait-on dire, tout lui réunit maintenant. Il aligne les tubes22 et tient un rôle remarqué dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier. Et il va enchaîner les succès23.
Il éprouve toujours de la nostalgie pour les films de série B, des acteurs comme Robert Mitchum, Richard Widmark et Burt Lancaster, les séries noires de Marcel Duhamel, surtout Chandler mais aussi Andrews Bergman avec Le pendu d'Hollywood. À une question d'un journaliste sur l'histoire du rock, il répond en le renvoyant à un bouquin : Héros oubliés du rock'n'roll 24. où il dit à propos d'Elvis que le rock s'éloigne quand la puissance brute devient guimauve. Il faut remonter aux sources du rock, à Claude McKay qui aurait le premier utiliser le mot, qui cherchait un jazz rythmé, « qui se danse, avec une ligne de basse : doo, da-doo, dum, doo, da-doo, dum... » ajoute-t-il, pour bien marquer le rythme.

Sept colts pour Schmoll qui sort en octobre 1968 est un peu le spleen de mai : mélange de 'soul', de Beatles et d'Everly Brothers25. Les textes d'Eddy Mitchell ressemblent au style des romans de série noire qu'il découvre, adolescent, dans la bibliothèque de son père, Raymond Chandler, Dashiell Hammett, Jim Thompson, des mots qui s'enchaînent sans commentaires ou effusions superflues. Uniquement le concret, qui fait le style. Des dizaines de chansons qui « raillent les impostures », racontent des histoires sensibles, fraternelles, ironiques, qui vont à l'essentiel, ce que Philippe Corcuff appelle « l'utopie sceptique 26. » Pour lui, « les interdits, c'est aussi bien que l'anarchie / Discerner l'bien du mal, c'est toujours d'là-peu-près 27 » et dans la même veine, dans « les eaux grises de nos vies », « j'me sens mieux quand j'me sens mal 28. » Ambiance amère du bar du Lutétia.

Il chante le quotidien, ses colères, ses nostalgies « en bâtissant ses textes comme des scenarii minimalistes en une forme incomparable, restant sur ses gardes, contournant les chausse-trapes. » De Schmoll, il est devenu Monsieur Eddy 29. Ce nouveau surnom lui viendrait d'un technicien qui l'appelait toujours ainsi dans l'émission de télé La dernière séance son 'ciné-journal'. Curieux destin que celui de cette chanson qui fut d'abord un grand succès, chanson nostalgie avant de devenir le titre de cette émission télé à la longévité remarquable 30. De nouveau, il prend ses distances avec les medias, la télé surtout, avec le 'Charity Business' 31 sauf pour Les enfoirés' et son pote Coluche. Pourtant en 1990, il décida d'aller faire un récital pour les troufions français en Arabie saoudite lors de la guerre du golfe Surprise : il s'en expliquera 32. Mal lui en prit... là-bas, pas de rock!

L'ami Gérard Jourd'hui dira de lui : « Eddy aura sans cesse dépeint le blues de la société : jamais en avance, ni en retard... jamais il ne flatte le public. » Fidèle à lui-même, sans jamais déroger. Et dans l'avion qui le ramène en France, Alain Dugrand écoute l'album Frenchy, après La route de Memphis, c'est La route 66 : « Route légendaire / Croisée des mystères / Mais maintenant sans vie / Dans l'oubli. » 

5- Bibliographie
6- Notes et références
  1. ↑ Eddy Mitchell est né en 1942 et Alain Dugrand en 1946
  2. ↑ Un texte comme celui que cite Dugrand sur une musique de Pierre Papadiamandis : « Ma vie n'est qu'une lutte / Y'a des hauts : j'connais surtout les bas / J'ai dépassé l'âge  / d'être pris en otage par tous les mirages de la vie / J'suis plus en rodage / Ni en repérage / C'est fini, je n'fais plus de compromis. »
  3. ↑ Il reprendra ce thèmes sur la guerre d'Algérie dans sa chanson 60-62 et y fera référence dans d'autres chansons comme Et la voix d'Elvis
  4. ↑ Voir le livre de Maurice Achard, Dactylo rock, éditions Flammarion
  5. ↑ Eddy Mitchell en fera bien plus tard le thème du décor de l'une de ses tournées
  6. ↑ Voir le livre de Pierre Bénichou, Eddy Mitchell, Pac Éditions
  7. ↑ Sur ces souvenirs, Eddy Mitchell écrira plus tard le texte de La dernière séance, titre qu'il reprendra dans son album Grand écran en 2009 où il cite tous le nom de tous les cinémas disparus, dont le Cocorico
  8. ↑ Be-Bop-A-Lula : succès mondial pour cette chanson de Gene Vincent enregistrée à Nashville en mai 1956
  9. ↑ On doit au beau-frère de Charles Aznavour, entre autres, Daniela, Boing, boing, Oublie-moi ou Parce que tu sais...
  10. ↑ Versions de La Bamba de Richie Valence (qui est elle-même une version...) et de Padam' padam une chanson d'Édith Piaf
  11. ↑ « Il possédit, dira Eddy dansTout Eddy, une réelle perfection, aussi bien dans la voix que dans la lecture ou l'oreille. »
  12. ↑ Référence : Juke-box magazine, numéro 70
  13. ↑ M'sieur Eddy et moi, page 102
  14. ↑ L'album contient notamment : Blue Jean Bop de Gene Vincent, Kansas City, Comment vas-tu mentir ?, Belle Honey (Money Honey), Sentimentale (Baby I don't care), L'oncle John (Long Tall Sally), Peggy Sue de Buddy Holly
  15. ↑ Des adaptations comme Fauché (Busted) de Ray Charles, Pas de chance (Money) ou Repose Beethoven de Chuck Berry
  16. ↑ des adaptations de Personne au monde de Ray Charles, J'ai tout mon temps de Jerry Lee Lewis et Caldonia de Louis Jordan
  17. ↑ Il bouscule le consensus du 'yé-yé' avec sa chanson sur la guerre d'Algérie Soixante-soixante-deux
  18. ↑ Ibidem page 116
  19. ↑ Répondant à une question de Philippe Koechlin, il dit : « Je fais ce qu'il me plaît. Mon pianiste me compose une bonne musique, j'écris des paroles dessus. »
  20. ↑ Quelque peu désabusé, il dit : « Puisque c'est comme ça, je vais m'arrêter, je vais attendre que tout ça se termine. » Voir Paroles et musiques, février 1988
  21. ↑ « À la révolte du rock, elle oppose sa tranquillité insoumise » écrit Pierre Bénichou dans son livre Eddy Mitchell
  22. ↑ Trois 'incunables' comme dit Dugrand, Sur la route de Memphis, Couleur menthe à l'eau et La fille du motel, suivis de beaucoup d'autres
  23. ↑ « Les années majeures sont celles de la maturité. Pour Eddy, les années 1980, c'est la diversification des talents » confie son ami Gérard Jourd'hui
  24. ↑ Héros oubliés du rock'n'roll, de Nick Tosches, collection 10/18
  25. ↑ « Eddy a vécu le mois de mai en roue libre, écrit Dugrand page 164, favorable mais hors jeu, décontracté »
  26. ↑ Philippe Corcuff, article dans le journal Libération du 16 juin 2003
  27. ↑ Les interdits, titre éponyme de la chanson
  28. ↑ J'me sans mieux quand j'me sens mal, titre éponyme de la chanson
  29. ↑ Voir l'article de Marie Guichoux dans le journal Libération du 27 septembre 1987
  30. ↑ Fruit d'une passion partagée avec son ami Gérard Jourd'hui, elle dura 16 ans de 1982 à 1998 avec la diffusion de 320 films
  31. ↑ « Je suis en retrait, c'est sûr, et je le resterai tant qu'on ne répond pas à certaines questions. Où sont allés les sous de la production du maxi 45 tours SOS pour l'Éthiopie ?... »
  32. ↑ « On ne le savait pas mais là-bas, il y avait beaucoup de jeunes qui s'étaient engagés parce que c'était mieux que de tirer les sacs des petites vieilles en banlieue ou d'être au chômage... J'ai eu envie d'aller chanter pour eux. » (Télérama, 12/10/1990
    <<  °°  • M'sieur Eddy et moi • °° © CJB  °° • • 07/11/2010 - v 01/2014  >>

Eddy Mitchell P'tit Claude

"P'tit Claude" est un roman autobiographique écrit par le chanteur Eddy Mitchell et paru en 1994 aux éditions Arbre à came. 

Eddy au métro "Belleville"                                                            Le "P'tit Claude"


1- Présentation
L'exergue due à Michel Audiard qu'à choisie Eddy Mitchell lui ressemble assez : « Un intellectuel assis ira toujours moins vite qu'un con qui marche. » C'est son humour très ironie caustique qui ressort ici et est encore plus explicite dans l'autre citation empruntée au Traité du zen sur L'entretien des motocyclettes1.
Celui qui se présente en 2010 comme futur retraité du music-hall français est un parisien de souche et a grandi dans le 19e arrondissement, entre la Place des Fêtes et le Boulevard d'Algérie où à l'époque finissait le Paris intra-muros. Dans son livre, il écrit : « Derrière l'ultime trottoir se trouve une sorte de jungle, moitié glaise, moitié talus pelés, à l'abandon. Une population de sans-logis, gitans, Arabes, clodos, la foule des indésirables s'y est installée : voici les fortifs. »

Dans l'une de ses chansons de son album Come Back inscrite au récital de L'Olympia Avoir 16 ans aujourd'hui, il évoque cette époque dorée et révolue de l'après-guerre, celle de sa jeunesse, vécue par des adolescents insouciants, « l'avenir semblait docile » chante-t-il, qui ne connaissaient rien des 'trente glorieuses'. Son scepticisme transparaît une nouvelle fois, qu'on retrouve dans une autre chanson de ce disque où il chante : « Tu vis à côté de ta vie, tu la traverses comme un zombi. »2
Ce P'tit Claude, c'est lui Claude Moine le gamin de Paris, c'est dire si ce livre présenté comme un roman est éminemment autobiographique. 

2- Descriptif et Contenu
   Eddy Mitchell Ciné Trianon
Vue de la place des fêtes

Dans son roman, Eddy Mitchell nous entraîne dans le sillage des trois 'titis' parisiens, P'tit Claude le héros du livre, Marcel et Jean-Pierre, des 'potes' du quartier de Belleville dans une période qui couvre la période 1950-1970. En 1956, ca quartier a des allures de western, ils vivent à Belleville mais dans leur tête, ils sont ailleurs, ils sont à Nashville3.

Leur vie d'alors, c'est l'Amérique à portée de main, la découverte de du rock'n'roll bien avec Rock around the clock et les premiers succès de Bill Haley, les filles aux bas nylon, les premiers 'transistors' qui précédaient les premiers 'électrophones', invention capitale pour eux qui mettait à leur portée tout le répertoire de la chanson américaine, leur permettant de l'écouter 'entre eux' et plus seulement dans les bars où beuglaient les juke box. Leur quartier général, c'est la Place des fêtes, cette place du 19e arrondissement où ils faisaient 'pétarader leurs mobylettes', comme le chantera aussi Eddy Mitchell4.

 Ils se réunissent entre eux à l'abri des 'fortifs' ou dans les petits bistrots alentour pour discussion, pour blaguer et surtout pour écouter de la musique, sujet encore plus important que le foot. C'est aussi la famille, les parents qui adorent la musique, le père qui va faire partager ses passions à ses fils qu'il emmène au cinéma qui marquera tant Eddy Mitchell dans La dernière séance, chanson mythique qui le conduira à faire une émission télé sur le thème des vieux films américains... de préférence des westerns et à sortir un disque intitulé Grand écran, reprises des chansons des grands films de cette époque. Il découvrira aussi deux autres univers qui le passionneront : la bande dessinée. et le roman policier avec les 'Séries noires' qu'il empruntaient à son père qui en avait toute une collection « dont le fameux La môme vert-de-gris de Peter Cheyney. »5

Les références aux films de l'époque sont nombreuses. Pépé a un sourire charmant genre Tony Curtis dans La grande course autour du monde puis carnassier genre rictus de Burt Lancaster dans Véra Cruz. Luriel, l'amie de Claude, préfère le cinéma aux interminables parties de poker de la bande. Elle décide d'aller voir Son préféré Robert Redford dans Willie boy bien que Claude lui eût plutôt préconisé Randolf Scott dans Sept hommes à abattre. Dans le dernier chapitre, il nous dit que Claude « avait gardé la nostalgie des repas dominicaux » quand chacun poussait la romance à la fin du repas et que bien entendu, Claude devait sacrifier à la tradition, chantant Ça bardait d'un de ses acteurs-chanteurs préféré Eddie Constantine 6. Des habitudes qui cimentent les familles et des souvenirs attendris comme ce rituel consistant à offrir un bouquet de roses à sa mère. 
La rue de Belleville

3- Bibliographie
  • Publications de l'E.M.C. :Le livre d'or d'Eddy Mitchell (1988),  Eddy sur Seine : 1961 - 1997, ses concerts en Ile-de-France, 1998, Encyclop'Eddy, 2001
  • Les chaussettes noires : Dactylo Rock : le roman vrai des Chaussettes Noires, Biographie de Maurice Achard, Flammarion, 1994, Les Chaussettes Noires : ceci est leur histoire, biographie de Thierry Liesenfeld
  • Biographies
    • Eddy Mitchell par Pierre Bénichou, PAC Éditions, 1977
    • Mitchell Eddy par Christian Page, Bréa Éditeur, 1983
    • Tout Eddy par Jean-Marc Thévenet, Albin Michel-Canal +, 1994
    • Chorus, Les Cahiers de la Chanson n° 18, dossier de Marc Robine, Chorus, 1996/1997
    • Les photos collectors, texte de Fabien Lecœuvre, éditions Ramsay, 2004
    • Chic & frenchy de Sam Bernett, Éditions Albin Michel, 2004 M'sieur Eddy et moi, par Alain Dugrand, Éditions Fayard, 2005
    Eddy Mitchell
    • Galas, galères, Autobiographie signée Eddy Mitchell, Jacques Grancher Éditeur, 1979
    • Poésies et chansons, Monographie de Chantal Pelletier, éditions Seghers, 1982
    • Cocktail story, recettes de cocktails et anecdotes d'Eddy Mitchell, R.M.C., 1986
    • P'tit Claude, Roman d'Eddy Mitchell, Éditions Arbre à Cames, 1994 et Presse pocket
    • Les chansons de Mr.Eddy,18 chansons d'Eddy en bande dessinée, Soleil Éditions, 2003
    • L'argus Eddy Mitchell, discographie et cotations par Daniel Lesueur, Éditions Alternatives, 2004
    Belleville
     Angle rue Mouzaïa, bd Sérurier
     

    Notes et références
    1. ↑ Voilà la phrase citée : « Si vos réflexions sur l'écrou vous ont amené à le considérer comme une combinaison de rigidité et de serrage... vous en viendrez tout naturellement à la solution simple : le recours à un outil ou à un dégrippant, solution qui ouvre la voie de la qualité. »
    2. ↑ Voir Philippe Corcuff, Les désillusions excluent-elles le rêve? Le blues d'Eddy Mitchell, in La société de verre. Pour une éthique de la fragilité, Paris, Armand Colin, 2002, pp.107-116
    3. ↑ Voir la chanson Nashville ou Belleville dans l'album Racines sorti en 1984 et son thème éminemment biographique
    4. ↑ Dans une adaptation d'une chanson d'Elvis Presley intitulée Et la voix d'Elvis sur des paroles d'Eddy Mitchell (Claude Moine)
    5. ↑ Il rendra aussi hommage à sa mère dans sa chanson intitulée M'man où il chante notamment : « M'man, J'viens tout juste d'avoir mes quatorze ans. J'veux plus d'école : j'suis devenu grand. J'te promets j'te gagnerai plein d'argent... »
    6. ↑ Eddy Mitchell reprend ce thème dans sa chanson intitulée L'idole chante au dessert extraite de l'album Racines (1984)
    Voir aussi
               <<< • • °°  • Eddy Mitchell P'tit Claude • °° © CJB  °° • • 07/11/2010 - v 01/2014  >>>


    Les Chaussettes noires, 100% rock

    Le groupe des "Les Chaussettes noires", premier groupe de rock en France, a été créé en 1959 à Créteil et obtient très vite un succès phénoménal. Il domine la scène française entre 1961 et 1963, date de départ de son chanteur Eddy Mitchell.

            

    La dernière formation de janvier 1964, était ainsi formée de :

    • Aldo Martinez : basse et chant
    • Williams Bennaïm : guitare rythmique et chant
    • Paul Bennaïm : guitare solo, orgue et chant
    • Gilbert Bastelica : batterie et percussions

    Les Chaussettes noires, 100% rock

    Les Chaussettes noires, 100% rock est un livre-album, ouvrage collectif sur la période 1960-1962 qui marque les débuts du rock and roll en France et la courte carrière des Chaussettes noires.

    Chaussettes noires indissociables pour beaucoup, du rock'n roll puisque le premier groupe français signe une évolution musicale qui rend obsolète tout le courant précédent. Le groupe et son chanteur Eddy Mitchell reprennent dans leurs débuts nombre de chansons de leurs devanciers américains qu'ils prennent comme références : Johnny B. Goode de Chuck Berry, Durty durty feeling d'Elvis Presley, Bee bop a lula de Gene Vincent signent en particulier leurs premiers succès.

        
    Répétition de "Daniela", 1961                                    Eddy avec Gene Vincent

    Ce livre se veut aussi une restitution de l'ambiance de l'époque quand les pionniers de ce nouveau genre musical se rencontraient au Golf Drouot ou qu'on opposait les Chaussettes noires d'Eddy Mitchell aux Chats sauvages de Dick Rivers. C'est aussi un panorama de cette nouvelle vague illustrée par la revue Salut les copains.

    [Pochette de Tu parles trop]          [Pochette de Daniela] 

    Bibliographie

    • Les Chaussettes noires, 100% rock, Éditions P.A.C., 1970
    • Maurice Achard, Dactylo Rock. Le roman vrai des Chaussettes noires, Flammarion, 1994
    • Thierry Liesenfeld, Les Chaussettes noires. Ceci est leur histoire, éditions Saphyr, 2003
    • Jean Chalvidant et Hervé Mouvet, La belle histoire des groupes français de rock des années 60, Editions Lanore, 2000
    • Daniel Lesueur, Eddy Mitchell & Les Chaussettes Noires Argus, éditions Camion blanc, ISBN 2-3577-9145-4, 254 pages, 2011
    • Les Chaussettes noires, discographie
      [Pochette de Madame ! Madame !]          [Pochette de Parce que tu sais]

      << • • °°  • Eddy Groupe • °° © CJB  °° • • 04/07/2011 - v 01/2014  >>